Les grades en Aikido, comme dans d’autres disciplines, ont été instaures par son Fondateur Morihei Ueshiba. O-Sensei, nous le savons, a évolué spirituellement tout au long de sa vie, et par la même ses vues se sont modifiées. Il est également clair qu’à aucun moment dans sa vie, il n’a été particulièrement préoccupé par des questions d’ordre matériels ou d’organisation. La délivrance des grades était pour la plupart, sur l’inspiration du moment et sous sa seule autorité.

O-Sensei n’a jamais reçu lui-même le Menkyo de Daito Ryu et il n’avait donc pas, strictement parlant, l’habilitation, à cette époque de sa vie, en ce qui concerne la capacité d’attribuer les grades de cette école (cette question n’est pas entièrement clair car il y a certaines indications qu’il avait, malgré le fait il ne possédait pas un menkyo, le droit d’attribuer des grades. Ceci est typique des situations que l’on rencontre dans les annales de l’histoire du Budo japonais). Nous savons qu’il a décerné le Mokuroku d’Aikido à certains des premiers disciples de son système et une copie de son livre, le « Budo Renshu », à d’autres, faisant ainsi office de permission et de certificat d’instructeur.

En 1931 Ueshiba Sensei a ouvert le dojo Kobukan et à partir de cette date il y avait des instructeurs qui enseignaient en dehors du dojo à des endroits divers. Ces professeurs avaient besoin de grades officiels et c’est à cette époque qu’on a commencé à délivrer les grades Dan.

Cependant ce n’était qu’après la fondation de l’AIKIKAI en 1948 que le système KYU-DAN a été formalisé.

Il est évident que Maître Ueshiba considérait que le 8iem Dan correspondait à l’ancien Menkyo et il l’a donc discerné à ses meilleurs disciples et d’avant et d’après-guerre. Certains 9iem Dan ont été distribués notamment à des personnes qu’il aimait bien ou qui le lui avaient solicité.

Il y a cependant une chose que nous devons toujours garder à l’esprit : du fait de son esprit de non-attachement aux considérations matérielles, la question de la délivrance des grades à ses grands disciples- c’est à dire qui a vraiment reçu quoi, quand et pourquoi- ne sera jamais parfaitement claire. Mais, par la même occasion, il nous laisse, par son exemple, un merveilleux enseignement sur ce que doit être notre attitude envers la question des grades- le système existe (O-Sensei lui-même l’ayant mis en place), il est adopté par l’Aikido dans le monde entier et il est d’une grande valeur, et notre attitude doit être celle d’un être humain libre spirituellement et guide par un esprit de Non-Attachement.


Ce document fut écrit pour publication en 1982 par Malcolm Tiki Shewan. Il a été plusieurs fois repris par d’autres sous une forme « modifiée » et divers éléments ont, donc, été cites dans des publications diverses à différents moments « selon la demande ».

La progression technique par Kyu

Vous êtes débutant. Au cours des ans, vous aurez 6 degrés « kyu » à atteindre pour accéder au premier Dan (Ceinture Noire 1er DAN), vous aurez encore besoin de longues années de pratique pour obtenir plusieurs « Dan ».

Il ne faut en aucun cas considérer ces « kyu » dans un sens hiérarchique.
Ce ne sont que des signes extérieurs sans importance, qui ne sont là que pour vous indiquer les paliers que vous franchissez dans votre pratique.

La voie est longue et parsemée de moments de découragement.
L’acceptation des corrections que l’on apportera à votre attitude et vos mouvements facilitera votre progression.
Sachez aussi qu’il est important d’associer des stages à la pratique régulière au club.

MUKYU : grade débutant, permet au néophyte de se familiariser à la pratique, de saluer, etc.

ROKKYU (6ème échelon) : 1er véritable grade après examen et une pratique régulière de un à trois mois.

GOKYU (5ème échelon) : s’obtient après examen et une pratique régulière de deux à trois mois. Correspond à la ceinture jaune ou plus souvent, au Japon, à la ceinture blanche.

YONKYU (4ème échelon) : deux à trois mois.

SANKYU (3ème échelon) : deux à quatre mois.

NIKYU (2ème échelon) : trois à quatre mois. Le hakama peut être porté.
Porter l’hakama signifie que l’on peut se voir confier des responsabilités au sein du dojo, que l’on s’engage corps et âme dans la voie de l’aïkido.

IKKYU (1er échelon) : obtenu par examen après une période régulière et intensive. Dans les clubs, les professeurs d’état diplômés font passer les grades jusqu’au 1er kyu.

 

Progression des Techniques par Kyu - Suwari Waza

Suwari Waza – Progression des Techniques par Kyu
Progression des Techniques par Kyu - Hanmi Handachi Waza
Hanmi Handachi Waza – Progression des Techniques par Kyu
Progression des Techniques par Kyu - Tachi Waza
Tachi Waza – Progression des Techniques par Kyu
Progression des Techniques par Kyu - Ushiro Waza
Ushiro Waza – Progression des Techniques par Kyu

AIKIDO - Système de grade - Hombu Dojo AIKIKAI TOKYO
AIKIDO – Système de grade – Hombu Dojo AIKIKAI TOKYO

Les DAN (marche, degré) : grades supérieurs

Le 1er dan signifie le début réel de l’étude et non pas un achèvement. Il n’y a pas de dan récompensant des mérites comme dans d’autres BUDO incluant la compétition. Les dan ne sont décernés qu’en vue de marquer et d’officialiser les qualités techniques ou mentales du pratiquant après des années de pratique sur le tatami.En France, les grades DAN jusqu’au 4ème DAN sont présentés devant des jurys (composés de professeurs diplômés d’état) et validés par la Commission Nationale Supérieure des Grades. À partir du 5ème DAN, pour ce qui est de la FFAB, cela se déroule au cours d’un stage spécifique.

  1. SHODAN (1er degré)
    Obtenu par examen devant un jury (U.F.A.). Marque le début véritable de l’étude de l’aïkido, et non pas le signe de la maîtrise (c’est le grade de l’étudiant). Le 1er dan se concrétise par le port de la ceinture noire et du hakama. Le corps commence enfin à répondre aux commandements et à reproduire les formes des techniques. On commence à saisir une certaine idée de ce qu’est l’Aïkido. Il faut alors s’efforcer de pratiquer ou de démontrer, lentement si nécessaire, mais en s’attachant à la précision et à l’exactitude.
  2. NIDAN (2ème degré)
    Obtenu par examen et après une période deux ans de pratique (après l’obtention du 1er dan). Au travail du 1er Dan, on ajoute rapidité et puissance en même temps que l’on démontre une plus grande détermination mentale. Cela s’exprime chez le pratiquant par la sensation d’avoir progressé. Le jury doit ressentir ce progrès en constatant une clarté de la mise en forme et de l’orientation du travail.
  3. SANDAN (3ème degré)
    II s’obtient trois ans après le NIDAN, après un examen très complet en ce qui concerne les connaissances techniques de l’aïkido, après une période intense de pratique. C’est le début de la compréhension du kokyu ryoku. L’entrée dans la dimension spirituelle de l’Aïkido. La finesse, la précision et l’efficacité technique commencent à se manifester. Il devient alors possible de transmettre ces qualités.
  4. YONDAN (4ème degré)
    Début de la pratique au-delà de la technique. L’examen porte sur la technique (connaissance), sur la possession effective de certaines vertus morales ; obtention quatre ans après le SANDAN. À ce niveau techniquement avancé, on commence à entrevoir les principes qui régissent les techniques. Il devient possible de conduire plus précisément les pratiquants sur la voie tracée par le fondateur.
  5. GODAN (5ème degré)
    Plus de cinq ans après le 4ème dan. L’art respecte les principes et l’esprit, commençant à se dégager de la forme, ne reste plus prisonnier de l’aspect extérieur de la technique. De nouvelles solutions techniques apparaissent en fonction des situations.
  6. ROKUDAN (6ème degré)
    Il n’est décerné en principe qu’à des individus hautement expérimentés, pratiquant une technique impeccable et faisant preuve de qualités morales hors du commun. La technique est brillante, le mouvement est fluide et puissant. Il doit s’imposer comme une évidence à celui qui regarde. La puissance et la disponibilité physique comme la limpidité du mental s’unissent sans ambiguïté dans le mouvement et s’expriment aussi dans la vie quotidienne.
  7. SHICHIDAN ou NANADAN (7ème degré) 
    Décerné sous l’autorité du DOSHU. L’Être se débarrasse de ses obscurcissements et apparaît sous sa vraie nature ; il manifeste son vrai soi. Libre de tout attachement, il éprouve la joie de vivre ici et maintenant.
  8. HACHIDAN (8ème degré)
    Décerné sous l’autorité du DOSHU. Au-delà de la vie et de la mort l’esprit clair est ouvert, capable d’unifier les contraires, sans ennemi, il ne se bat pas. Sans combat, sans ennemi, il est le vainqueur éternel. Sans entrave il est libre, libre dans sa liberté. O Senseï disait « En face de l’ennemi il suffit que je me tienne debout sans rien de plus ». Sa vision englobe et harmonise la totalité. Mais rien ne s’arrête là. Même l’eau la plus pure peut pourrir dans une mare ; il ne faut jamais oublier l’esprit du débutant accomplissant son premier pas.

Les DAN, du 1er au 4ème sont délivrés le plus souvent par examen, parfois par une procédure exceptionnelle.Au-delà, les grades sont attribués en fonction de critères non seulement techniques mais aussi, notamment, d’engagement au service de la discipline.En France, les grades Dan AIKIDO sont délivrés par l’État et sous son contrôle. Il en est de même pour le Judo, le Karaté, le Tae Kwon Do et le Wu Shu.La Commission Spécialisée des Dan et Grades Équivalents (CSDGE), dont les membres sont nommés par arrêté ministériel, est chargée d’organiser les examens, de veiller au respect du règlement particulier et de valider les grades ainsi délivrés.Les DAN délivrés à l’étranger, et donc notamment par l’AIKIKAI de Tokyo, ne sont pas reconnus par l’État français. Ils peuvent parfois cependant, sous conditions strictes, permettre l’attribution d’un grade Français de même niveau.

Déroulement d’un passage de grade DAN :

  1. Suwari waza (travail à genoux)
  2. Hanmi handachi waza (Tori : travail à genoux et Uke : debout)
  3. Tachi waza – saisies (travail debout)
  4. Tachi waza – frappes
  5. Ushiro waza (travail sur saisie arrière)
  6. Buki waza (travail des armes : tanto, jo, bokken)
  7. Randori waza (taninzu gake) – attaque par plusieurs partenaires
 

Avant d’aborder le système de grades qui est actuellement employé dans la discipline d’Aikido il serait utile de faire un bref résumé historique de la notion de grades au sein des pratiques martiales japonaises.

A l’époque où les diverses disciplines avaient obligatoirement une raison d’être pratique (applications en situations réelles combatives) il est évident que le pratiquant remplissait son devoir de guerrier soit en gagnant et en restant en vie, soit en sacrifiant sa vie pour gagner, soit en perdant. Les choix n’étaient pas particulièrement grands en ce qui concernait son efficacité combative.

La notion d’un système de grades bases sur une évaluation de capacités combatives aurait été, pour ainsi dire, un non-sens. En revanche, chaque école avait besoin d’un système pour reconnaître les capacités d’enseignement du pratiquant en tant que transmetteur des structures techniques, philosophiques, éthiques et autres de l’école. C’est ainsi que fut institué le système Menkyo-Kai den.

Celui-ci, je le répète, n’était absolument pas basé sur l’efficacité personnelle du pratiquant mais constituait, plutôt, un certificat assurant qu’il avait accompli une certaine étude au sein d’une école et qu’il pouvait retransmettre (selon les règlements intérieurs propres à chaque école) la partie du curriculum de l’école qu’il avait maîtrisée et qu’il était autorisé à enseigner. Aujourd’hui, la confusion est né du fait qu’un pratiquant, possesseur d’un diplôme d’enseignant de haut-niveau de l’école, devait forcément être très efficace sur le plan combatif. Cette distinction est fondamentale si l’on veut comprendre le problème des grades historiques ou actuels.

Dans le système Menkyo, il existait, généralement, 3 à 5 certificats, donc niveaux d’enseignant. Le premier certificat s’appelait « Oku-Iri » et il avait pour but de sanctionner que l’élève avait accompli son étude des bases et pouvait être considéré comme véritablement membre de l’école. Ceci exigeait une dizaine d’années d’apprentissage (à raison de plus de 3 heures par semaine!) durant laquelle il se familiarisait avec le curriculum de base. Si on devait faire une comparaison avec les grades Dan, on pourrait dire que Oku-Iri correspond au niveau de connaissance d’un 4em ou 5em Dan, alors que dans le système classique il est la toute première qualification décerné. En principe, ce certificat comprenait très peu de qualifications à l’enseignement et cela seulement en présence d’un instructeur plus qualifié et à sa demande. C’est l’entraîneur.

Venait, ensuite, deux certificats de qualification d’instructeurs : le Sho-Mokuroku et le Go-Mokuroku. Ces deux niveaux correspondaient respectivement à Assistant-Instructeur et Instructeur soit dans le système Dan, aux niveaux se situant entre 5em et 7em Dan. Ils devaient être parfaitement familiarisés avec le curriculum technique de l’école, et ils jouaient un rôle important dans la formation des jeunes élèves et dans la vie de l’école.

Le certificat de Menkyo ou Menkyo-Kaiden signifie la maîtrise et son détenteur est pleinement qualifié pour tous les aspects de l’enseignement de l’école. On peut dire qu’il correspond symboliquement au 8em Dan actuel. Je n’en dirai pas plus concernant les qualifications du Menkyo sauf qu’il pouvait, à ce stade et si l’école l’estimait nécessaire, ouvrir son propre dojo ou école. En effet, la maîtrise impliquait une certaine liberté d’action.

Le système KYU-DAN est une invention relativement récente dans les disciplines dites Shin-Budo; il date de la fin du siècle dernier et du début du si siècle actuel. Nous devons sa popularisation surtout au Judoet au Kendo. Ce système de grades s’inspire d’une philosophie Neo-Confucianiste qu’on appelle Chu-Hsi.

Le concept central du Confucianisme Chu-Hsi est base sur la dualité « yukei-mukei », littéralement : « ce qui a la forme et ce qui n’a pas de forme ». On dit, par exemple « Yudansha-Mudansha », c’est à dire : « les pratiquants à grade Dan et les pratiquants n’ayant pas de grade Dan. D’ailleurs nous retrouvons partout dans les disciplines modernes ces concepts dualistes que le pratiquant doit faire transparaître au travers de sa pratique tant sur le plan « mentale » que sur le plan « physique ». Ce mariage « de l’action et de l’inaction » s’appelle « Sei to Do ». On trouve d’autres aspects de ce dualisme dans : « l’engagement et le non-engagement »- « yuken to muken »; « l’essence et la fonction »- « tai to yo » ou dans « l’énergie et la raison »- « ki to ri », etc.

« Une des différences que l’on peut constater entre le système Menkyo et le système Kyu-Dan est la question de l’intégrité relative des grades. Les grades dans le système Menkyo accordent beaucoup d’importance sur la préservation de la tradition et les écoles (ryu) font de grands efforts pour soigneusement conserver une valeur la plus sérieuse au niveau des certificats d’enseignant délivrés aux pratiquants. Ceci est renforcé par le découragement de la course aux grades. Les grades Kyu-Dan manquent souvent d’integrité car ils sont souvent accordés pour d’autres raisons que la capacité technique réelle du pratiquant. C’est ainsi qu’ils deviennent la source même de désaccord et de luttes intestines au sein de la discipline de la part de personnes ambitieuses cherchant les titres et prestige. Les disciplines modernes accordent trop souvent une importance excessive aux grades. Le résultat est que la finalité de l’entraînement vise l’acquisition de grades, quelque soit les moyens. Souvent c’est l’individu lui-même qui choisit de se présenter et fait la demande du grade qu’il désire obtenir, du fait de la tolérance des jurys vis à vis de l’appréciation des techniques nécessaires à l’accession du grade demandé. »

Ce dernier texte est tiré des écrits de M. Donn F. Draeger, un des chercheurs historiques du Budo Japonais les plus qualifiés de notre temps. Il résume d’une manière explicite la situation que l’on peut constater comme étant extrêmement répandue actuellement. Que l’on considère que ceci constitue « l’esprit originel** » de ceux qui ont créé le système Kyu-Dan ou pas nous sommes obligés de considérer qu’il en fait partie aujourd’hui. Dans tous les cas, on peut constater que les pratiquants qui font la « course aux grades » ignorent les objectifs profonds du Budo car lorsqu’on est conscient des buts l’acquisition des grades devient secondaire.

Lorsque les disciplines furent ouvertes au grand public il s’est avéré nécessaire d’instaurer un système qui reconnaîtrait la capacité technique (pas nécessairement en tant qu’enseignant) de chaque élève et à tous les niveaux. L’absence totale de situations réelles combatives, où il est question de vie et de mort, permet une évaluation de l’individu au sein de la masse, ce qui n’avait pas de sens dans le passé, mais qui se trouve aujourd’hui confondu avec la capacité d’enseigner. Ceci est d’autant plus vrai que les Fondateurs des disciplines modernes ont encouragé une diffusion à grande échelle à travers le monde entier.

L’existence de la compétition contribue également à confirmer l’utilité du système KYU-DAN dans l’expansion de ces disciplines, et elles l’ont toutes adopté pour reconnaître leurs pratiquants. Pour mieux comprendre les raisons d’être du système KYU-DAN il est intéressant de se pencher sur les concepts très stricts de l’hierarchie au sein de la société japonaise. Mais il suffit de dire ici que ce peuple est très attache culturellement au « titre », au « récompense », à la « reconnaissance » et au « cadeau » pour pouvoir situer l’individu au sein de sa société et les disciplines sont perçues et structurées selon le modèle la société japonaise.

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