Enseigner l’Aïkido, un choix, une vocation, une passion…

Voici un article que j’avais écrit en avril 2014 que je vous représente ce jour.

Enseigner c’est Partager…

C’est un vrai bonheur d’enseigner les Budo notamment l’aïkido. Qu’elle fierté de voir ses élèves évoluer et s’investir dans la pratique. Pourtant la vie au dojo n’est pas toujours rose pour un enseignant.

Je me souviens, au début, je me retrouvais quelques fois seul sur le tatami, avec l’espoir qu’une personne intéressée vienne au cours.  Ce n’était pas très grave, je m’entraînais seul, (taï sabaki, ukemi, suburi...) c’est un moyen d’évoluer, de se structurer (en aïkido).

Par la suite,  mois après mois, quelques élèves ont commencé à venir régulièrement au cours, s’entraînant de manière assidue.
Une autre déception lorsque certains partent pour leurs études s’arrêtent au 1er kyu, et apprenant que la saison d’après ils avaient obtenu leur shodan (1er dan- ceinture noire) avec un autre professeur. Je me dis que le travail accompli a toute de même porté ses fruits.

Les années passent, les élèves restent, d’autres s’en vont (ailleurs, ou arrêtent pour des motifs différents) c’est le cycle de la vie d’un dojo. Une chose est claire, les gens ont changé, leur motivation aussi.

Fab-jo_nage

Ne venez pas au dojo comme on entre dans un supermarché avec l’idée de consommer. Ce qui se fait de plus en plus malheureusement, la société de consommation est entrée dans nos dojos.

Ceux qui veulent vraiment s’impliquer dans la pratique doivent être régulier. C’est évidement très utopique surtout à l’heure actuelle.
Après quelques temps d’enseignement, nous pouvons parfois reconnaître un élève qui veut vraiment s’engager dans la discipline et en tant que prof cela met du baume au cœur.

Je devais modifier la façon de voir l’enseignement. La transformation s’est faite au fur et à mesure des cours. J’ai doucement  appris à donner cours normalement, quelque soit les personnes présentes, que les élèves soient deux, dix ou trente, je donne cours avec la même concentration et détermination, sans rien attendre en retour.

L’évolution de leur pratique se fera d’elle-même, par la régularité de leurs entraînements.
Dans les arts martiaux, ce qui importe le plus c’est d’être concentré ici et maintenant sur ce qu’il y a à accomplir et ce à chaque entraînement, comme dans chaque acte de la vie.

Laisser l’élève vivre sa voie…

Ne pas être trop attaché mais en restant conscient de la responsabilité pour un enseignant, d’accompagner les élèves sur leur chemin, sans prendre trop de place et sans les amener ailleurs que sur leur propre voie. Car c’est bien  là l’objectif !

Le prof est là pour montrer le chemin (michi – do) à l’élève afin qu’il puisse avancer, techniquement, psychologiquement, physiquement, socialement…. à des degrés divers selon les personnes.

Le sensei (celui qui était là avant moi, qui est garant du savoir et de l’expérience d’une technique ou d’un savoir-faire) est aussi sur sa propre voie à suivre, même s’il donne des pistes (technique, de notions…) à ses élèves, il ne perd pas les siennes et continue à avancer aussi.
Malgré cela, un jour le prof n’aura plus de piste à donner, ainsi ses élèves devront trouver quelqu’un qui en possède d’autres ou simplement créer les siennes. Ce jour là,  il laissera son élève partir sans essayer de le retenir ou d’en être fâché.

Continuer d’évoluer  grâce à ses élèves…

naname-fab-ens-caché
Il est clair que je n’aurais jamais pu évoluer de la même façon si je n’avais pas enseigné. J’apprends grâce aux questions et aux problèmes que me posent mes élèves, toujours très différents suivant les personnes présentes. Parfois, le problème n’est pas énoncé oralement et m’oblige à entraîner mon ressenti pour savoir où le bât blesse.  J’ai aussi pu tester mes techniques sur tous types de personne qui viennent au dojo (jeunes, puissants, lourds…) ainsi que dans différents types de situations (initiation, démonstration…).
Après quelques années, j’ai dû pratiquer avec plusieurs centaines de personnes différentes.
Au final, si les élèves défilent, le professeur continue à évoluer dans sa pratique, ne rien attendre, continuer l’entraînement, garder l’esprit ouvert quoi qu’il arrive (soshin- esprit du débutant), c’est exactement cette leçon là que l’enseignant doit mettre à rude épreuve dans son parcours !

Fabrice.

Fermer le menu
leo consequat. suscipit mattis ante. in massa Sed nec sit