Metsuke : le regard dans le budo.

Metsuke : le regard dans le budo.

Metsuke, ou le placement du regard.

On dit que le regard est le miroir de l’âme.

Dans le Budo, le regard reflète ou trahit l’état émotionnel du combattant.
Lorsque le pratiquant travaille sur son regard pour ne plus refléter son état intérieur, il éduque parallèlement son mental à l’apaisement.
 

Miyamoto Musashi préconisait :
« Ne pas laisser errer le regard, ne pas plisser le front mais froncer les sourcils, ne pas non plus rouler ni cligner des yeux mais les plisser légèrement sont des principes importants dans la pratique de notre escrime. »
 
La position des yeux doit permettre de voir tout l’environnement sans toutefois se focaliser sur un point. En effet, plus on focalise notre regard, moins notre vision périphérique est bonne.
Regarder, c’est porter la vue sur quelque chose ou dans une direction.
Voir, c’est percevoir avec les yeux, regarder attentivement, étudier, examiner, remarquer, découvrir.
 
La différence entre regarder et voir se situe dans l’attention portée.
D’un point de vue biologique, l’œil possède des bâtonnets et des cônes. Ces cellules photosensibles de la rétine transforment le signal électromagnétique de la lumière en signal bio-électrique ou influx nerveux, et l’envoie vers le cerveau qui l’interprète pour construire la vision.
La vison photopique, dite aussi maculaire, s’effectue grâce aux cônes qui sont principalement concentrés au centre de la rétine, dans le prolongement de l’axe optique. La région centrale de l’œil est de ce fait dotée d’une grande acuité visuelle.
C’est pourquoi nous bougeons les yeux pour percevoir clairement les objets sur lesquels on porte un intérêt.
La vision scotopique et la vision périphérique s’effectuent principalement grâce aux bâtonnets de la rétine, beaucoup plus sensibles que les cônes. Mais ceux-ci ne permettent pas de distinguer les couleurs : la vison n’est qu’en noir, blanc et nuances de gris. C’est une vision très adaptée à la pénombre, contrairement à la vision maculaire nécessitant une intensité lumineuse élevée. Si l’on regarde directement un objet de nuit, il se peut qu’on ne le distingue plus alors qu’on peut le voir si l’on regarde légèrement à côté. Les bâtonnets sont aussi les récepteurs qui sont associés à la détection des mouvements par le cortex visuel ce qui est d’un grand intérêt dans le contexte martial.
Ainsi, le centre de l’œil perçoit les formes et les couleurs, le pourtour distingue le mouvement et permet de voir dans la pénombre.

« Un œil qui suit un objet mouvant n’est pas extrêmement précis, souligne le Professeur Dirk Kerzel. Il est toujours un peu en retard et ne parvient jamais à ajuster parfaitement sa vitesse sur celle de sa cible.»

Ainsi, il est préférable de regarder sans focaliser et d’élargir son attention à l’œil entier. L’expression Tôzan no Metsuke, ou le regard sur les monts lointains exprime cette sensation.

Fermer le menu
odio accumsan leo commodo felis in sem, risus Nullam commodo lectus adipiscing
8 Partages
Partagez8
Tweetez
+1
Partagez
Enregistrer