Zanshin ou l'esprit de vigilance.

zanshin

Dans mes cours ou mes stages,  j’emploie souvent le terme  zanshin, mais de quoi parle t-on  ?

Dans cet article,  je vais  tenter de vous expliciter cette notion en y ajoutant quelques interprétations personnelles pour une application dans votre pratique d’aikidoka comme dans votre quotidien.

 

Le zanshin, dans vie de tous les jours, c’est être attentif à son environnement.

L’esprit qui demeure, ou le fait de laisser demeurer l’esprit, en état de vigilance.

Le zanshin est une notion utilisée dans les arts martiaux et qui marque en général l’état d’esprit devant être conservé à la fin d’une action. C’est bien plus que cela…

D’une façon plus générale, c’est la qualité, la précision et la profondeur de l’attention que l’on porte aux choses, à notre présence dans nos actes,  sentir,  pressentir les gens, l’environnement, une situation.
Comme dans le zen : être concentré ici et maintenant.

Ce que l’on entend par zanshin, dans les arts martiaux, qui sont aussi une école de vie, est une forme d’écoute, de concentration précise de tous les instants, mais détachée, ce qui peut être paradoxal parfois :

– Concentration, pour voir les plus infimes nuances d’un mouvement, d’un rythme, d’un ma-aï…,

– Détachée, pour ne pas se focaliser sur un paramètre parmi d’autres, pour voir l’ensemble des paramètres et ne pas se figer.

Comment développer ces qualités ?

Il est possible de développer le zanshin en se mettant dans des situations de danger , dont il nous faudra arriver à  sortir sans dégâts , ou en tout cas le moins possible.
De cette façon, notre niveau d’écoute a tendance à s’élever ; c’est notre instinct de survie qui nous y amène … Cela dit, il ne faut pas prendre de risques inutiles, sans avoir une évaluation juste de ceux ci, cela relève aussi du zanshin. Pour peut etre, au final ne plus reagir quand l’attaque arrive mais quand l’intention la precede!

Il faut donc vouloir remettre en question son savoir pour le faire évoluer non seulement en emmagasinant une plus grande quantité, mais en l’approfondissant.

Le zanshin  dans vie de tout les jours, c’est être attentif à son environnement sans tomber dans la paranoïa.

Exemples  : la vigilance avant, pendant et après l’évènement.

1 – Dans un restaurant et dans les transports en commun, mettez vous face à l’entrée, pres des  portes d’accès ou dans un angle de vue duquel vous voyez celles ci.

2 – Dans tout lieu publique, après avoir trouvé les wc (ce qui est nécessaire en cas d’urgence smiley), repérez les issues de secours.

3 – Dans la rue, concervez un angle de vision  suffisant avant d’arriver à une intersection d’immeuble

Couvrir son angle de vue comme le démontre ce schéma du blog de Protegor.net

4 – Autre exemple : La porte de votre voiture est un point d’attaque.
Le point d’attaque est à 1 mètre de votre véhicule. Ayez vos clés de voiture en main – elles deviennent un objet de défense en frappant avec – Observez et analysez la zone , cela ne vous prendra que deux secondes. La plupart des attaques se produisent dans cette zone. Vous devez faire de cette « technique » de reconnaissance de la situation, une habitude, de même avant de rentrer chez vous.

Dans notre pratique d’aïkidoka :

Après une immobilisation ou une projection, il est courant de voir Tori, une fois la technique exécutée, tourner le dos nonchalamment à Uke. Cette attitude n’a aucun sens martial. Il est très important de marquer le zanshin en finissant une technique, un mouvement. Uke  pourrait ne pas être conciliant, et redevenir attaquant plus vite que prévu! Marquer le zanshin, par une présence paisible mais appuyée, en restant concerné par uke, tout en étant vigilant à l’environnement proche. Cela  permet de se maintenir en sécurité. N’oublions pas que nous pratiquons une discipline … martiale. Il est important de montrer à uke que l’on est toujours là, prêt à revenir. Zanshin, c’est maintenir sa vigilance. Rester en alerte physiquement et mentalement.

De plus, relâcher sa vigilance sur uke, pourrait être ressenti comme du mépris, ce qui serait une marque d’irrespect complet en négation avec le budo.

Zanshin se marque avant, pendant et après la « confrontation ».

  • Avant : menace, présence, on est concerné par uke, par une présence physique, psychologique sur lui pour pressentir ses mouvements, voir provoquer son attaque.
  • Pendant : il faut anticiper par la vigilance active, d’éventuels autres attaquants, contrôler l’environnement pour ne pas blesser uke ( typiquement en l’envoyant chuter sur un autre pratiquant), réagir à uke qui reste attaquant et peut vouloir utiliser une faille.
  • Après : pour protéger son partenaire, pour le contrôler , pour pouvoir relâcher la situation et revenir à un état paisible pour amenuiser de manière dégressive cet état d’alerte.

Zanshin, n’est pas un état d’excitation, bien au contraire !  On se doit de rester impassible, pour ne pas « téléphoner » ses attaques, pour ne pas entrer dans une surenchère d’agression. La peur génère la peur, voir l’agressivité. Rester calme, posé mais éveillé, sur de soi, sur ce qui nous entoure pour être persuasif et non uniquement dissuasif dans notre attitude et comportement ! Il faut rester détaché pour être capable d’une mobilité la plus complète, par un relâchement de l’esprit comme de son corps. Mais attention, relâchement ne veux pas dire vide. Une légère tension est là pour assurer la vie et être prêt à repartir au besoin, appelons cela « présence ».  

 Le zanshin englobe  donc finalement d’autres principes comme :

  • Shisei ( l’attitude juste, physque et phsychologique )
  • Kamae ( la garde )
  • Metsuke ( le regard )
  • Ma ai : (la gestion de la distance, de l’espace-temps )
  • Ki musubi ( connexion avec l’autre )

Finalement zanshin, c’est n’est peut être que l’attention que l’on porte aux autres. Par le travail sur Zanshin, nous améliorons notre travail d’aikidoka. Mais ces qualités nous permettrons aussi de mieux réagir dans un environnement agressif ou conflictuel. Dans le métro, dans un stade, dans la rue, en voiture, grâce à cet état de vigilance, en veillant aux autres. Sans oublier que cela ne sera possible que par un relâchement de nos tensions physiques comme mentales.

Vaste programme!

Ps : Merci à Patrice de aikidoblogtrotter pour sa participation à cet article et pour sa relecture.

 

 

 

 

 

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